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Quand la CGT décline sur France 2

Grave question : la CGT est-elle en déclin ? se demande le 20 Heures de France 2. Le syndicat “est passé sous la barre des 665 000”, annonce Anne-Sophie Lapix, graphique à l’appui. Arg ! La fameuse barre fatidique des 665 000 ! Ah oui, elle décline, la courbe. Une autre échelle aurait donné une courbe moins spectaculaire, mais zoomons donc sur ces 30 000 adhérents perdus depuis 2012.

Pour comprendre, France 2 est allé chercher une explication chez Orange, avec le “délégué central” de la CGT, Cédric Carvalho. Explication : parmi les personnels de l’entreprise, les commerciaux ont remplacé les anciens techniciens de France Télécom. Et le commercial se syndique moins que le technicien. Ce n’est pas tout. Carvalho : “quand j’ai postulé pour des responsabilités manageriales, on m’a fait comprendre qu’être à la CGT n’était pas la meilleure solution pour avoir des responsabilités”. Ah ! La raison du “déclin” serait donc aussi une certaine répression anti-syndicale ? Alors, pourquoi ne pas avoir titré le reportage ainsi ?

Quant à l’érosion, elle ne concerne pas seulement la CGT, ni même les seuls syndicats, comme le rappelle le spécialiste économique de France 2, Jean-Paul Chapel : les syndicats rassemblent 2 300 000 adhérents, alors que les partis politiques n’en rassemblent que moins de deux fois moins (100 000). Si déclin il y a, c’est donc un déclin général des “corps intermédiaires” (medias compris). Mais ce soir, France 2 ne s’intéresse qu’à la CGT.

Mais tout espoir n’est pas perdu pour la CGT. “Pour “se relancer, la CGT tente de réaliser la fameuse convergence des luttes, quitte à frayer avec les politiques”, explique la journaliste Sophie Brunn.  Et France 2 de dégainer, à l’appui, trois gros plans (distincts) de Philippe Martinez (CGT), de Pierre Laurent (PCF), et d’Eric Coquerel (FI), lors d’une manifestation de soutien à “un militant assigné et justice”. Tiens, mais ne seraient-ce pas plutôt Laurent et Coquerel, qui “fraient” avec Martinez ? Quant à ce “fraiement”, est-il si nouveau ? Pas vraiment. Sur une simple recherche “Marchais Krasucki Séguy manifestation”, les photos en fourniront d’innombrables preuves.

Mais ainsi apparait le but caché du reportage : Philippe Martinez ayant décidé, samedi 26 mai, de défiler avec Mélenchon, il s’agit de présenter par avance cette décision comme le sursaut désespéré d’une organisation “en déclin” qui tente de “se relancer”, renouant ainsi avec une technique traditionnelle de la propagande de guerre, consistant à présenter tout succès de l’ennemi comme une preuve de sa déconfiture. Bien joué.

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