L’EUROPE, l’avancée de l’extrême-droite, mais aussi le suicide des communistes

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par Danielle Bleitrach

il est facile de dénoncer l’extrême-droite sans faire le bilan de ce qui l’engendre, d’avoir une fois de plus un réflexe de la « gauche morale » qui continue à appuyer ce qui crée l’extrême droite comme ultime solution d’un capital qu’elle n’a jamais combattu. Et si on inversait le constat : si c’était la politique de l’UE en faveur des monopoles financiarisés et leur bellicisme qui avait  besoin de l’extrême-droite., que serait un parti communiste qui aurait prétendu combattre l’extrême-droite d’un point de vue moral sans s’attaquer à la racine du mal ? 

Nous sommes à la veille des élections européennes, ces cartes sont partiellement inexactes en effet sur celle de 2017, il reste l’espagne et le Portugal qui ne sont pas envahies par le vote d’extrême-droite. C’est faux pour l’Espagne, en effet le PPE, parti considéré comme dr droit est en fait un parti dans lequel la droite a été annexée par le franquisme, le fascisme qui en espagne est toujours au pouvoir, non seulement en tant que parti, mais dans toutes les institutions y compris dans la presse où même le quotidien équivalent du monde, El Païs est dans les mains de franquistes apparement repentis, en fait menant l’assaut par exemple contre tous les aspects progressistes de l’Amérique latine. Ce qui a permis ce tour de passe passe, c’est le compromis de 1978 signé non seulement par Le Parti socialiste, mais surtout par l’eurocommuniste santiago Carillo. Ce compromis acceptait la monarchie, la solution prévue par Franco et l’amnistie pour les crimes du franquisme, en revanche les Basques qui avaient combattu le fascisme n’étaient pas amnistiés parce que « nationalistes », comme tous ceux qui n’acceptaient pas une nation fondée sur la reconnaissance de la monarchie et l’abolition de la République, le choix de Franco qui renouvelait le putsch de 1936 contre le République espagnole. pendant un temps, celui de la spéculation immobilière dans le cadre de l’Europe, le PS a pu bénéficier de ce reniement, se partager le pouvoir avec le PPE franquiste, tandis que le parti communiste payait l’addition et perdait en influence.

Donc il n’y a effectivement guère que le Portugal qui aujourd’hui n’est pas envahi par le vote d’extrême-droite. Est-ce un hasard si c’est un des rares pays où le parti communiste n’a jamais cédé aux sirènes de l’Eurocommunisme, s’est montré suffisamment ferme pour ne jamais trahir son passé, son histoire et celle du mouvement communiste international, sans pour autant donner dans le sectarisme.Le Portugal comme son voisin espagnol a été mise à mal par la droite conservatrice elle aussi issue de salazar le dictateur, mais avec laquelle le parti communiste n’a jamais pactisé. la même politique a engendré les mêmes désastres et le parti communiste portugais s’est renforcé dans les combats contre cette politique et a tendu vers une issue. Aujourd’hui, le parti communiste portugais a choisi une alliance sans concession avec le parti socialiste, une alliance qui a mené une politique a contrario des diktats européens et qui a des résultats. Une alliance mais aussi un combat contre la manière dont le PS a tendance à céder aux diktats européens, qu’il s’agisse d’une politique d’austérité alors que le parti communiste portugais estime que les mesures prises ont simplement rattrapés une partie des conséquences de la politique de la droite voulue par l’Europe. De même, le parti communiste portugais s’oppose à la pression de l’OTAN qui exige des dépenses militaires supplémentaires. Comme le parti communiste portugais n’a jamais cédé sur l’internationalisme, dénoncé ce qui se passait en afrique, au Moyen orient, comme en Ukraine, les pseudis ingérences humanitaires, il lui est plus facile de s’opposer aux demandes de l’OTAN.

C’est une politique très difficile à mener dans l’Europe telle qu’elle est, alors que tout va a contrario, mais les communistes portugais sont conscients des difficultés et ils ne voient qu’une solution: bien coller à ce que vivent la classe ouvrière, les couches populaires, la jeunesse… leur atout avoir tout assumé et n’avoir jamais levé le pied, sans sectarisme…

Quand on regarde cette carte, il est aisé de suivre non seulement les avancées de l’extrême-droite mais aussi la manière dont celle-ci a accompagné les défaites ou démissions des partis communistes.

Par parenthèse, il est facile de désigner comme de l’extrême-droite des mouvements auxquels se rallie l’éléctorat quand il n’en peut plus de la gauche « morale » qui accepte de voir crever les gens et quand les partis communistes acceptent d’être des doublons de cette « gauche morale » qui n’est plus que la fatuité des petits bourgeois.

Par exemple quand on voit le cas de l’Italie, le triomphe du mouvement cinq étoiles, il correspond clairement à la disparition (toujours l’eurocommunisme) du parti communiste, à la manière dont il a été remplacé par des gens qui ont choisi l’austérité européenne comme suivre les errances de l’OTAN. et sa force c’est d’avoir su capter les aspirations les plus contradictoires sur les ruines d’une véritable représentation de ceux que gagne la colère.

Le Parti communiste Français n’a pas tout à fait connu le sort des autres eurocommunistes, parce que Georges marchais face à la politique d’austérité de François Mitterrand a choisi de quitter le gouvernement non sans subir d’énormes pertes et des divisions internes largement provoquées y compris par les dirigeants des partis de l’eurocommunisme. Mais à partir de Robert Hue, tout a été fait pour accélérer sa décomposition interne et pour s’aligner sur les démissions de l’eurocommunisme en se plaçant dans le sillage du PS.

Quand comme tous les partis sociaux démocrates, celui-ci a été de plus en plus déconsidéré et que sur les ruines du mitterrandisme il a surgi une autre expression de la social démocratie, ce sont les dirigeants du parti communiste qui l’ont mis en selle, celui-ci a adopté un langage plus anti-europe et austérité et moins pro-otan que les dirigeants du parti communiste. dans le même temps où l’extrême-droite récupérait en particulier dans le nord de la France, la colère contre la politique européenne.

Si le parti communiste français n’a pas été totalement détruit comme le parti communiste italien, si malgré la pression d’un Pierre Laurent il n’a pas abandonné jusqu’à son nom, il le doit à la résistance de ses militants et de ses élus. les dirigeants du PCF, faute de pouvoir imposer un tel changement de nom, ont tout fait non seulement pour que celui-ci soit effacé derrière les différents avatars de la social démocratie, pour que soit renié, culpabilisé le passé des communistes, ils ont pratiqué la censure, l’exclusion de ceux qui protestaient, ceux qui voulaient tant au plan international qu »à celui de l’Europe résister, ils ont tout fait pour que ce parti devienne une coquille vide.

est-ce que nous allons continuer comme ça ou prendre conscience de la nature du combat que nous devons mener en tant que commmunistes, pouvons-nous le faire sans un bilan stratégique, sans dénoncer ceux qui nous ont conduit là et qui n’ont pas changé d’une iota. est-ce que les efforts que nous déployons pour lutter contre la politique de Macron vont être annulés par les mêmes? par le refus de mener le Congrès extraordinaire dont nous avons besoin.

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