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La Chine va-t-elle précipiter ses voisins dans une grande répétition de la crise asiatique de 1997 ?

Suite à la chute des matières premières, à la hausse du dollar, et au ralentissement chinois, les marchés financiers des pays émergents affichent une baisse de près de 40%. Parmi eux, la Malaisie, le Vietnam, la Thaïlande, ou encore l’Indonésie. Une situation qui rappelle celle de 1997, ou une crise à priori similaire a eu des conséquences importantes sur le plan socio-économique.

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tlantico : En quoi la situation actuelle pourrait être comparée à celle de la crise asiatique de 1997 ?

Lars Christensen : Il ne fait aucun doute que les marchés émergents sont actuellement confrontés à une situation difficile. Il s’agit du double effet d’un resserrement des conditions monétaire aux Etats Unis et des inquiétudes fondamentales reposant sur un ralentissement structurel chinois, et, plus récemment, de la série de dévaluations chinoises.

Parce que cela signifie surtout un ralentissement de la demande externe pour les actifs des pays émergents, et de leurs exportations. La conséquence naturelle est de faire peser une pression sur les devises des marchés émergents, aussi bien en raison d’une faible demande externe, qui frappe surtout les exportateurs des matières premières comme la Chine et le Brésil, mais aussi sur les pays qui sont directement en concurrence avec la Chine sur les marchés manufacturiers, comme le Vietnam ou la Corée.

Il y a en effet des similitudes avec la situation de la crise asiatique de 1997. Cependant, il y a une différence cruciale qui est qu’aujourd’hui, la plupart des pays asiatiques ont plus ou moins des taux de change flottants, ce qui signifie que les chocs externes seront visibles à travers la baisse de la devise plutôt que par une chute brutale de l’activité économique. Et aussi longtemps que ces pays permettront une telle dépréciation de leur monnaie, le risque de voir se répéter la crise asiatique sera très faible. Ce qui ne veut pas dire que le choc n’est pas important. En fait, toutes les indicateurs démontrent que nous sommes actuellement au milieu du plus grand ralentissement de la croissance des pays émergents depuis 2008.

Quels sont les risques futurs identifiés pour ces pays ? Et comment peuvent-ils pour s’en prémunir ?

Il est très encourageant de voir que la plupart des banques centrales des pays émergents permettent à leur devise de baisser, en réponse au choc d’une faible demande externe et de la baisse des prix à l’export. Pourtant, des pays comme le Brésil semblent souffrir de ce que les économistes appellent la “peur de flotter”, c’est-à-dire que même si ces pays ont des monnaies « libres », ils ont tendance à resserrer leur politique monétaire pour contrer la baisse de leur devise. La conséquence pour ces pays est de voir une forte baisse de leur croissance.

A l’inverse de 1997, le risque ne semble pas venir d’une crise des devises ou d’une crise financières, mais plutôt de voir que les vents contraires structurels et cycliques auxquels font face les pays émergents puissent provoquer une aggravation des heurts politiques, et une incertitude géopolitique. En effet, il est clair que les dernières années ont vu une détérioration du contexte politique dans de nombreux pays émergents.   

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